Sommet sur le climat : Ali Bongo Ondimba représente le continent.

Le sommet sur le climat s’ouvre aujourd’hui aux Etats-Unis, par visioconférence. Sur invitation du Président américain, Joe Biden, le chef de l’Etat Gabonais, Ali Bongo Ondimba, sera le porte étendard du continent africain, au côté d’autres chefs d’Etats du continent, lors cette grande rencontre sur le climat.

Quatre ans après l’annonce de leur sortie de l’Accord de Paris, durant le mandat de Donald Trump, les Etats-Unis à travers ce sommet sur le climat marque leur retour dans ce combat mondial. Une quarantaine de chefs d’Etats, dont le président chinois, Xi Jinping, son homologue russe, Vladimir Poutine, le président français Emmanuel Macron ou encore le chef de l’Etat gabonais, Ali Bongo Ondimba, vont échanger pendant deux jours, du jeudi au vendredi par visioconférence sur la problématique du changement climatique.

A sept mois de la COP26 de Glasgow, l’administration Biden a pris les rênes du combat mondial dans la lutte contre le réchauffement climatique en organisant son propre sommet. « Cette conférence, c’est le retour des Etats-Unis en tant que partenaire climatique ambitieux, ils veulent mettre un coup de projecteur sur leurs nouveaux engagements, montrer qu’ils sont crédibles sur la question climatique », explique une spécialiste. Parmi les 40 dirigeants mondiaux, une partie d’entre eux devrait présenter de nouveaux engagements en matière de baisse des émissions de gaz à effet de serre pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

A commencer par les Etats-Unis eux-mêmes : « Ils devraient rendre publique leur promesse de réduire d’au moins 50 % les émissions américaines d’ici 2030, par rapport au niveau de 2005 », avance ce spécialiste. « L’objectif c’est qu’un maximum de pays annoncent revoir leurs engagements à la hausse pour créer un effet d’entraînement. Ça sera un sommet d’annonces, pas juste de négociations », estime celui-ci. D’autres pays pourraient suivre, comme la Corée, le Japon ou le Canada, et annoncer des engagements revus à la hausse : « C’est déjà une victoire pour l’équipe de Biden, cela montre que les efforts diplomatiques ont porté leurs fruits », selon cet expert.

La Chine et les Etats-Unis qui s’opposent sur de multiples sujets, vont collaborer lors de sommet sur le climat. « La Chine veut montrer qu’elle est un des piliers du multilatéralisme, mais il est peu probable qu’elle annonce des engagements chiffrés, il faudra attendre que la coopération se formalise un peu plus pour cela », prédit celui-ci. L’Inde, troisième émetteur de carbone au monde, est aussi attendue. « L’Inde a un rôle très particulier, une grande partie du sort du climat va s’y jouer. Si le pays fait exploser ses émissions, ça va réduire à néant les efforts des autres pays. Le problème, c’est que les priorités sont au développement, à la lutte contre la pauvreté, des enjeux se conjuguent mal avec la lutte contre le climat », analyse un connaisseur de ce pays.

La question du financement pour les pays vulnérables au changement climatique et le financement des infrastructures ne seront pas en reste. Ces questions devraient être abordées, par l’administration Biden de ce sommet. « Certains pays, comme la Chine, financent des centrales au charbon. Un des enjeux de ce sommet, c’est d’arriver à limiter ces financements et de favoriser le financement des outils de production décarbonés », précise un universitaire.

En revanche, pour l’Union Européenne, les 27 Etats membres pourront faire bonne figure après l’adoption d’un accord in extremis, dans la nuit de mardi à ce mercredi, sur une réduction nette d’« au moins 55 % » de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990. L’Afrique, dont 5 représentants ont été invités, attend beaucoup de ce sommet et de l’implication des Etats-Unis. A ce sujet, la voix et la position du président gabonais en sa qualité de premier responsable du groupe des négociateurs africains en vue de la prochaine COP26 de Glasgow sera d’une grande importance. Ce pays d’Afrique centrale est recouvert sur 88 % de son territoire par une épaisse forêt équatoriale, l’un des deux poumons verts de la planète et redoutable piège à carbone.

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